En 2025, les frais de notaire vont connaître une évolution notable. La loi de finances autorise les départements à relever les droits de mutation de 4,5 % à 5 %. Cette décision, valable pour trois ans, concerne surtout l’immobilier ancien et pourrait faire grimper le coût d’une acquisition de plusieurs milliers d’euros selon le prix du bien.
À retenir sur la hausse des frais de notaire en 2025
- La loi de finances 2025 autorise les départements à relever les droits de mutation de 4,5 % à 5 %.
- La mesure est temporaire, du 1er avril 2025 au 31 mars 2028.
- La décision dépend de chaque conseil départemental : la hausse n’est pas appliquée partout.
- Les logements anciens sont les plus concernés ; le neuf n’est pas impacté.
- Certains départements prévoient une exonération pour les primo-accédants.
- Pour un bien de 200 000 €, le surcoût peut atteindre 1 000 € ; pour 300 000 €, environ 1 500 €.
- Les frais de notaire peuvent désormais dépasser 8 % du prix d’achat dans certains départements.
Contexte : pourquoi une hausse des frais de notaire en 2025 ?
La loi de finances pour 2025 a ouvert la possibilité aux départements d’augmenter les droits de mutation à titre onéreux (DMTO). Ces droits, souvent appelés « taxe de publicité foncière » ou « droits d’enregistrement », constituent la plus grande partie des frais de notaire versés lors d’une transaction immobilière.
L’État a pris cette décision pour répondre à une situation budgétaire tendue. De nombreux départements connaissent une baisse de leurs recettes alors que leurs dépenses, notamment liées aux aides sociales, continuent d’augmenter. En autorisant une hausse de la taxe départementale, le gouvernement leur offre un moyen supplémentaire de financement.
L’objectif est donc de donner aux collectivités locales une marge de manœuvre afin de maintenir le niveau de leurs services publics : infrastructures, accompagnement social, entretien des routes ou encore soutien à certains projets locaux.
Concrètement, cette mesure ne modifie pas la rémunération des notaires, mais concerne exclusivement la part des frais qui revient aux finances publiques. Pour les acheteurs, cela se traduit par une hausse directe du montant à régler lors de l’acquisition d’un logement ancien.
En quoi consiste concrètement l’augmentation ?
Jusqu’à présent, la taxe départementale sur les droits de mutation s’élevait à 4,5 % dans la majorité des départements. Avec la loi de finances 2025, le plafond est relevé à 5 %. Cela représente une augmentation de 0,5 point, qui, appliquée au prix d’un bien immobilier, peut vite peser dans le budget d’un acquéreur.
Cette hausse s’applique de façon temporaire, pour une période de trois ans, allant du 1er avril 2025 au 31 mars 2028. Passé ce délai, les départements devront décider de revenir à l’ancien taux ou de maintenir le niveau fixé par la nouvelle réglementation, si l’État confirme sa reconduction.
Cette augmentation n’est pas appliquée automatiquement, chaque conseil départemental doit décider de son adoption :
- Chaque conseil départemental doit se prononcer pour appliquer le taux de 5 %.
- Certains départements ont déjà voté en faveur de cette hausse, tandis que d’autres préfèrent maintenir le taux actuel.
Le montant des frais de notaire variera désormais davantage selon le lieu d’acquisition du bien immobilier. Deux acheteurs investissant dans un logement ancien de même valeur, mais situés dans des départements différents, ne paieront donc pas forcément la même somme en taxes.
Qui sera concerné par cette hausse ?

La hausse des frais de notaire ne touche pas tous les acheteurs de la même manière. Elle vise principalement les transactions dans l’immobilier ancien, où les droits de mutation représentent déjà la part la plus élevée des frais. Pour ces acquéreurs, la taxe départementale alourdie viendra s’ajouter au montant global.
Certaines exceptions sont toutefois prévues. Dans plusieurs départements, la mesure n’est pas appliquée aux primo-accédants. Ce statut concerne les personnes qui n’ont pas été propriétaires de leur résidence principale au cours des deux dernières années. Les conseils départementaux conservent une marge de manœuvre : certains choisissent d’accorder cet avantage, d’autres non.
En revanche, les achats dans le neuf restent quasiment épargnés. Les logements neufs bénéficient déjà d’un régime fiscal plus léger, avec un taux de droits de mutation bien inférieur à celui appliqué à l’ancien. La hausse de 2025 ne modifie pas cette règle.
En pratique, cela signifie que deux catégories d’acheteurs vont ressentir différemment la réforme :
- Ceux qui achètent un logement ancien verront leurs frais de notaire augmenter dans les départements qui adoptent la hausse.
- Ceux qui se tournent vers le neuf continueront de bénéficier de frais réduits, indépendamment de la décision locale.
Quel impact financier pour les acheteurs ?
La hausse des droits de mutation de 4,5 % à 5 % peut sembler limitée sur le papier, mais ses conséquences sont réelles lorsqu’on l’applique au prix d’un bien immobilier. Pour un acheteur, cela représente un surcoût de 0,5 % du prix de vente.
Voici quelques exemples concrets :
| Prix du bien | Frais avant hausse (4,5 %) | Frais après hausse (5 %) | Surcoût à payer |
|---|---|---|---|
| 200 000 € | 9 000 € | 10 000 € | +1 000 € |
| 300 000 € | 13 500 € | 15 000 € | +1 500 € |
| 400 000 € | 18 000 € | 20 000 € | +2 000 € |
Ces montants concernent uniquement la part départementale des droits de mutation. Ils ne prennent pas en compte les autres frais (émoluments du notaire, taxes communales, débours…).
En tenant compte de cette hausse, le taux global des frais de notaire, qui se situe habituellement entre 7 et 8 % dans l’ancien, pourra désormais dépasser 8 % dans les départements qui appliquent le nouveau plafond.
Cette évolution peut compliquer le financement pour certains acheteurs, surtout ceux dont l’apport personnel est limité. Les frais de notaire ne pouvant pas être intégrés dans un crédit immobilier classique, ce surplus devra être réglé directement par l’acquéreur au moment de la signature.
Comment se composent réellement les frais de notaire ?
Les frais de notaire ne correspondent pas uniquement à la rémunération du notaire. Ils englobent un ensemble de taxes et de frais, dont la majorité est reversée à l’État et aux collectivités locales. L’augmentation décidée en 2025 porte uniquement sur la part départementale des droits de mutation.
Voici la répartition habituelle d’un achat immobilier dans l’ancien :
| Composante des frais | Part estimée | À quoi cela correspond ? |
|---|---|---|
| Droits de mutation (taxes) | ~80 % | Somme reversée au Trésor public. Inclut la taxe départementale (sujet de la hausse), la taxe communale et la contribution de sécurité immobilière. |
| Émoluments du notaire | ~10 % | Rémunération réglementée du notaire et de son étude. |
| Débours | ~10 % | Frais avancés par le notaire pour le compte de l’acheteur (documents d’urbanisme, cadastre, formalités administratives…). |

En pratique, cela signifie que sur un bien ancien acheté 200 000 €, près de 160 000 € des frais de notaire correspondent à des taxes, contre seulement une fraction destinée au notaire lui-même.
Avec la hausse 2025, seule la taxe départementale est revue à la hausse, ce qui explique pourquoi le coût global augmente, alors que la rémunération du notaire reste inchangée.
Quelles conséquences pour les acheteurs et investisseurs immobiliers ?
La hausse des frais de notaire peut modifier l’équilibre financier d’un projet immobilier, en particulier pour les ménages dont l’apport est limité. Comme ces frais ne sont pas finançables par un prêt classique, le surcoût devra être payé comptant au moment de la signature. Pour certains acheteurs, cela peut repousser leur capacité d’acquisition ou les amener à revoir leur budget.
Les conséquences varient selon le profil :
- Acheteurs particuliers : pour un premier achat dans l’ancien, le surcoût de 1 000 € à 2 000 € peut peser sur l’apport personnel. Les ménages devront parfois adapter leur projet ou envisager des biens légèrement moins chers pour rester dans leur budget global.
- Primo-accédants : certains départements choisissent d’exempter cette catégorie de la hausse, ce qui leur permet de ne pas être impactés. Vérifier la politique du département concerné devient donc indispensable avant d’acheter.
- Investisseurs locatifs : la hausse des frais grève la rentabilité à court terme. Cependant, elle reste limitée sur la durée d’un projet immobilier, car ce coût se dilue dans le temps grâce aux loyers perçus et à la valorisation du bien.
- Acheteurs dans le neuf : ces derniers restent avantagés. Les frais de notaire dans le neuf avoisinent en moyenne 2 à 3 %, et ne sont pas concernés par la hausse. Cela peut rendre le neuf plus attractif dans les départements qui appliquent le taux à 5 %.
En pratique, cette réforme incite les acquéreurs à se renseigner sur les décisions prises par leur département et à comparer les options entre neuf et ancien. Elle peut aussi encourager les acheteurs à négocier le prix de vente pour compenser le surcoût lié aux frais de notaire.
Questions fréquentes
Tous les départements appliquent-ils la hausse à 5 % ?
Non. Chaque conseil départemental décide s’il adopte ou non l’augmentation. Certains conservent le taux actuel de 4,5 %.
Cette hausse est-elle définitive ?
Non. Elle est prévue du 1er avril 2025 au 31 mars 2028. Une nouvelle décision sera nécessaire pour la prolonger ou y mettre fin.
Les primo-accédants sont-ils concernés ?
Pas toujours. Certains départements choisissent de les exonérer de cette hausse, mais ce n’est pas une règle nationale.
Les logements neufs sont-ils touchés par l’augmentation ?
Non. Les transactions dans le neuf restent soumises à des droits réduits, autour de 2 à 3 %, sans changement en 2025.
Quel sera le surcoût pour un achat ?
Environ 1 000 € pour un bien de 200 000 € et 1 500 € pour un bien de 300 000 € dans les départements appliquant le taux à 5 %.


