Clause résolutoire

Mis à jour le

par David

La clause résolutoire est une stipulation contractuelle qui permet aux parties de prévoir à l’avance que le contrat sera résolu de plein droit (c’est-à-dire automatiquement) en cas de manquement de l’une d’elles à une obligation contractuelle précisément désignée.

C’est un mécanisme de sanction de l’inexécution d’une obligation qui, par sa nature automatique, permet d’éviter le recours au juge pour prononcer la résolution (sauf en cas de contestation).

Fondement juridique

En droit français, la clause résolutoire est régie par l’Article 1225 du Code civil (issu de la réforme du droit des contrats de 2016), qui dispose :

« La clause résolutoire précise les engagements dont l’inexécution entraînera la résolution du contrat.12

La résolution est subordonnée à une mise en demeure infructueuse, s’il n’a pas été convenu que celle-ci ré3sulterait du seul fait de l’inexécution.4

La mise en demeure ne produit effet que si elle mentionne expressément la clause résolutoire5. »

Conditions de validité

Pour être valable, la clause résolutoire doit être claire et précise :

  1. Désignation des engagements : Elle doit lister spécifiquement les obligations dont l’inexécution entraînera la résolution du contrat. Une clause visant “tout manquement” sans précision est souvent jugée invalide par la jurisprudence.
  2. Volonté de résolution automatique : Elle doit manifester sans équivoque l’intention des parties de mettre fin au contrat de plein droit, sans intervention judiciaire.

Mise en œuvre

L’application de la clause résolutoire est, en principe, soumise à une procédure stricte :

  1. Mise en demeure (en général) : Le créancier de l’obligation inexécutée doit adresser au débiteur une mise en demeure d’exécuter son engagement dans un délai raisonnable. Cette mise en demeure doit obligatoirement mentionner la clause résolutoire et la sanction encourue (la résolution du contrat).
  2. Effet automatique : Si le débiteur ne s’exécute pas après l’expiration du délai mentionné dans la mise en demeure, la résolution est acquise de plein droit (automatiquement).
  3. Exception : Les parties peuvent prévoir contractuellement que la résolution résultera du seul fait de l’inexécution, sans mise en demeure préalable. Cependant, dans la pratique (notamment en matière de baux), des formalités spécifiques restent souvent imposées par la loi.

Cas particulier du bail (habitation et commercial)

La clause résolutoire est très fréquente dans les contrats de bail, mais sa mise en œuvre est strictement encadrée par des lois spéciales (notamment la loi de 1989 pour les baux d’habitation et le Code de commerce pour les baux commerciaux) :

  • Motifs limités : Dans un bail d’habitation, seuls certains motifs (défaut de paiement, de souscription d’assurance, troubles de voisinage constatés par justice) peuvent légalement déclencher la clause.
  • Commandement : La résolution est subordonnée à l’envoi d’un commandement (par acte d’huissier) resté infructueux après l’expiration d’un délai légal (souvent un ou deux mois selon le manquement).
  • Intervention du juge : Le juge des référés peut toujours être saisi pour constater l’acquisition de la clause résolutoire et ordonner l’expulsion, mais il dispose également du pouvoir d’accorder des délais de grâce au débiteur, suspendant ainsi les effets de la clause.

Effet de la résolution

La résolution met fin au contrat. En principe, elle est rétroactive, ce qui implique des restitutions entre les parties, comme si le contrat n’avait jamais existé. Pour les contrats à exécution successive (comme les baux), les effets de la résolution sont souvent limités à l’avenir (on parle alors de résiliation).

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