Clause d’interdiction d’aliéner

Mis à jour le

par David

La clause d’interdiction d’aliéner, ou clause d’inaliénabilité, est une disposition juridique par laquelle une personne (le disposant, souvent un donateur ou un testateur) interdit à la personne qui reçoit un bien (le bénéficiaire) de le céder, de le vendre, de le donner ou de le léguer à un tiers pendant une certaine durée.

Elle constitue une restriction au droit de propriété, qui est normalement absolu.

Contexte principal

Elle est principalement utilisée dans les actes de libéralité (donations et testaments) mais peut aussi exister dans d’autres cadres (comme en droit des sociétés, notamment dans les SAS).

Conditions de validité (en matière de libéralités)

Pour être valable en France, selon l’article 900–1 du Code civil, la clause d’inaliénabilité doit respecter deux conditions cumulatives :

  1. Être temporaire : L’interdiction ne peut pas être perpétuelle, car cela serait contraire à l’ordre public et entraverait la libre circulation des biens. La durée est souvent déterminée ou limitée par la vie du donateur.
  2. Être justifiée par un intérêt sérieux et légitime : Le motif doit être jugé acceptable par la loi, comme :
    • La volonté de maintenir le bien dans le patrimoine familial.
    • La protection du bénéficiaire (s’il est mineur, prodigue, ou incapable de gérer le bien).

Effets et sanctions

  • Restriction de disposition : Le bénéficiaire ne peut pas vendre, donner, léguer, ni même généralement hypothéquer le bien.
  • Opposabilité aux tiers : Pour être opposable aux tiers (par exemple, aux futurs acquéreurs d’un bien immobilier), la clause doit avoir été publiée (par exemple, au service de la publicité foncière).
  • Sanction en cas de non-respect : Si le bénéficiaire aliène le bien en violation de la clause, l’acte peut être frappé de nullité (généralement relative, pouvant être invoquée par le donateur ou ses héritiers). Des dommages et intérêts peuvent aussi être demandés.

Mainlevée de la clause

Même si la clause est valide, le bénéficiaire peut être autorisé par la justice (le juge) à disposer du bien dans deux cas :

  1. L’intérêt sérieux et légitime qui justifiait la clause a disparu.
  2. Un intérêt plus important l’exige (par exemple, un besoin financier urgent ou la nécessité d’entretenir le bien devenu trop coûteux).

Il est essentiel de consulter un notaire ou un avocat pour l’établissement ou l’analyse d’une telle clause, car sa rédaction et ses conséquences sont très encadrées par la loi et la jurisprudence.

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